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11 m² sur les toits de Paris : la tiny house qui voit grand

11 août 2026
Projet Guynemer

Face au jardin du Luxembourg, une ancienne chambre de service de 11 m² (14 m² au sol), s’est métamorphosée en une tiny house parisienne aussi compacte que généreuse. Entièrement isolée, repensée dans ses moindres détails et passée d’un DPE G à D, elle conjugue aujourd’hui confort, fonctionnalité et élégance dans un écrin minimaliste où chaque centimètre compte.


À Paris, les mètres carrés sont précieux. Alors, lorsque l’on dispose de 11 m² habitables sous les toits, avec une vue et une lumière aussi privilégiées, le véritable défi n’est pas de pousser les murs, mais de faire de chaque espace un usage.


C’est tout l’enjeu de ce projet : transformer une chambre de service en un véritable petit appartement, sans rien sacrifier au confort ni au plaisir d’habiter. Une tiny house urbaine, pensée comme une suite d'hôtel ultra sophistiquée, avec cette petite dose d’esprit vanlife qui invite à vivre autrement.

Et le pari est réussi : ici, rien ne manque.


Une petite cuisine qui n’a rien d’une kitchenette


Dès l’entrée, la cuisine affirme son caractère. Les zelliges apportent leur matière irrégulière et lumineuse, tandis qu’une vasque en marbre noir donne au petit espace une présence graphique et sophistiquée. Malgré ses dimensions, la cuisine accueille tout ce que l’on attend d’un appartement beaucoup plus grand : réfrigérateur, plaque de cuisson, four, lave-vaisselle et de généreux placards de rangement. L’îlot central joue, lui, un rôle particulièrement malin. Sous son habillage se dissimule une véritable buanderie avec lave-linge séchant. Deux tablettes rabattables permettent de multiplier les scénarios : une petite table pour déjeuner, un bureau pour travailler, ou une table à deux pour dîner aux chandelles. Dans ce projet, le mobilier n’est jamais simplement mobilier : chaque élément est appelé à jouer plusieurs rôles.


Une salle de bains cachée dans le décor


Derrière la cuisine se découvre la salle de bains, presque secrète. Une grande douche, une vasque en marbre, des WC suspendus et un sèche-serviettes composent un espace complet malgré une emprise réduite. La surprise vient de la porte miroir, véritable petit tour de magie architectural. En reflétant la lumière et les perspectives, elle efface visuellement les limites de la pièce et participe à cette sensation d’espace qui traverse tout le projet.

Ici encore, la contrainte devient un parti pris : plutôt que de dissimuler les petits espaces, on travaille les perspectives pour les agrandir.


Une alcôve façon vanlife… version ultra luxe


À l’autre extrémité du studio, la lumière traverse généreusement la pièce grâce aux deux fenêtres placées de part et d’autre : l’une côté cuisine, l’autre côté séjour-chambre.

C’est là que se déploie la pièce maîtresse du projet : un ensemble de menuiseries sur mesure qui transforme le fond de l’appartement en une véritable alcôve. L’esprit évoque une vanlife haut de gamme : un espace compact, parfaitement organisé, où tout est intégré, mais transposé ici dans un décor parisien chic et chaleureux.


Sur une estrade avec tiroir, un grand lit deux places accueille un matelas de qualité hôtelière. En quelques gestes, il devient canapé lorsque l’on reçoit.

De part et d’autre, deux petites tablettes se déploient pour devenir tables basses, supports pour un verre, un apéritif ou un ordinateur. Des prises RJ45 ont même été prévues pour permettre de travailler confortablement. Une fois refermées, ces tablettes deviennent les portes des niches intégrées aux grands placards sur mesure.


L’art de tout faire disparaître


À gauche, le premier ensemble accueille une penderie, des étagères et le ballon d’eau chaude extra-plat, choisi pour sa discrétion et son silence.

À droite, une grande bibliothèque accompagne le lit et se prolonge sur tout le mur jusqu’à l’entrée. Elle accueille livres, objets et affaires du quotidien, tout en intégrant une multitude de tiroirs et de placards. Le radiateur disparaît lui aussi derrière un placard ajouré dessiné par @projet_wabi_sabi, qui permet de conserver la circulation de l’air tout en poursuivant visuellement la ligne de la menuiserie.


Plus loin, d’autres étagères et deux grands placards complètent l’ensemble. L’un dissimule la box et le compteur électrique, tandis que des prises permettent de brancher facilement le petit électroménager. Et parce qu’à Paris on ne possède jamais trop de rangements, les grandes menuiseries se poursuivent jusque dans les moindres recoins : grands tiroirs en partie basse, tiroir sous l’estrade… et même une trappe secrète sous le matelas, façon coffre-fort.


Le luxe, ici, n’est pas dans la quantité. Il est dans la précision de chaque millimètre optimisé.


Une palette douce, ponctuée de matières profondes


L’atmosphère repose sur une palette volontairement sobre et chaleureuse.

Un beige doux et lumineux enveloppe l’espace. Le noir mat apporte de la profondeur et souligne les lignes architecturales. Le fauve du cuir et les touches de cuivre réchauffent l’ensemble, tandis que le caramel clair du bois et de l’osier introduit une dimension plus naturelle et tactile.

La petite surface comme terrain d’expérimentation


Ce projet démontre qu’un petit espace n’est pas nécessairement un espace contraint. À condition de penser autrement. Ici, chaque centimètre a été optimisé sans jamais sacrifier l’esthétique : le lit devient canapé, les tablettes deviennent tables puis portes de placards, l’îlot dissimule la buanderie et la menuiserie accueille tour à tour dressing, bibliothèque, rangements et équipements techniques. 


Entièrement isolé, l’appartement a par ailleurs vu son DPE passer de G à D, preuve qu’une rénovation intelligente peut conjuguer performance et désirabilité.


Découvrez l'intégralité du projet en photos en cliquant ici